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Il faut obtenir au minimum 20 points sur 31 lors de l'épreuve pratique du permis de conduire, et ce sans aucune faute éliminatoire. Ce score s'applique en 2026, la grille n'ayant pas changé ces dernières années. Le total de 31 points se répartit sur quatre grandes compétences, notées chacune de 0 à 3, auxquelles s'ajoutent deux points bonus accordés pour la courtoisie et la conduite économique. Autrement dit, vous pouvez vous permettre quelques imperfections tant que vous n'atteignez pas la faute grave.
Vous passez votre permis prochainement et vous voulez comprendre exactement sur quoi vous serez noté le jour J ? Avec plus d'1,5 million de candidats chaque année en France, le permis de conduire reste l'examen le plus passé du pays. Pourtant, beaucoup d'apprentis conducteurs arrivent à l'épreuve pratique sans vraiment connaître le détail de la grille que l'inspecteur remplit en temps réel. Comprendre ce barème point par point, c'est transformer l'angoisse du regard extérieur en avantage concret. Voyons ensemble comment ce système fonctionne, et surtout comment en tirer le meilleur parti le jour de votre examen.
La grille d'évaluation que remplit l'inspecteur s'appelle le CEPC, pour Certificat d'Examen du Permis de Conduire. Ce document officiel ne ressemble pas à une feuille de notes classique : c'est une application numérique ou un formulaire structuré qui détaille chaque compétence observable.
L'objectif affiché n'est pas de vous piéger ni de chercher la perfection d'un pilote de course. L'inspecteur cherche une réponse à une question simple : ce candidat est-il capable de conduire seul en toute sécurité pour lui et pour les autres usagers ? Cette perspective change tout. Un examen raté sur 10 ou 11 compétences sur 31 ne vous empêche pas forcément de réussir, du moment que vous restez au-dessus de 20 points et que vous évitez les fautes graves.
La notation par critère suit une échelle de 0 à 3 :
Un 0 sur un critère n'entraîne pas automatiquement l'échec. C'est là une nuance fondamentale que beaucoup d'apprentis ignorent. En revanche, la faute éliminatoire (notée E sur la grille) met fin à l'examen quelle que soit votre note globale, même si vous aviez 28 points par ailleurs.
Les résultats s'obtiennent 48 heures après l'épreuve sur le portail dédié. En cas de réussite, le document téléchargeable tient lieu de permis provisoire pendant 4 mois. En cas d'échec, vous accédez au détail de chaque critère pour cibler précisément vos lacunes avant de repasser.
La grille se structure en quatre blocs principaux auxquels s'ajoutent deux points bonus. Connaître la valeur exacte de chaque bloc vous permet de prioriser vos efforts lors des dernières leçons.
Ce premier bloc représente 8 points sur 31, soit plus d'un quart du total. La bonne nouvelle ? Une grande partie se joue avant même de démarrer le moteur.
L'installation au poste de conduite vaut 2 points. Dès que vous montez dans la voiture sous le regard de l'inspecteur, vous commencez à marquer des points. Réglage du siège en hauteur et en profondeur, réglage des rétroviseurs intérieur et extérieurs, ceinture de sécurité, appui-tête si nécessaire. Ces gestes doivent se faire dans le bon ordre. Si vous réglez les rétroviseurs avant le siège, vous devrez tout recommencer pour que l'évaluation soit valide. Prenez 30 secondes supplémentaires plutôt que de bâcler cette étape qui vous offre 2 points quasi gratuits.
Les vérifications intérieures et extérieures représentent 3 points. L'inspecteur vous pose trois questions tirées au sort dans une banque de 101 questions officielles. Il peut vous demander de vérifier le niveau d'huile, d'identifier l'emplacement du fusible principal, d'expliquer comment contrôler la pression des pneus ou d'indiquer les gestes d'urgence en cas d'accident. Ces questions semblent techniques mais les réponses restent accessibles avec une révision sérieuse.
La connaissance des commandes vaut 3 points. L'inspecteur observe si vous utilisez correctement les clignotants, les feux (croisement, route, antibrouillard), les essuie-glaces, l'avertisseur sonore dans les situations appropriées. L'utilisation intempestive du klaxon peut vous coûter des points tout autant que son oubli dans une situation qui le justifie.
Ce deuxième bloc concerne votre rapport au déplacement et à la vitesse. Il vaut 9 points, le plus élevé de la grille avec le partage de la chaussée.
La maîtrise du déplacement latéral (3 points) évalue votre capacité à prendre les virages correctement, à vous positionner sur la bonne voie dans les carrefours, à effectuer les changements de direction en toute sécurité avec les contrôles adaptés.
L'adaptation de l'allure (3 points) reste l'un des critères sur lesquels les candidats perdent le plus de points. Rouler trop lentement par peur coûte autant de points que rouler trop vite. L'inspecteur attend que vous adaptiez votre vitesse au contexte : fluidité en ville, respect des limitations sur voie rapide, anticipation des ralentissements. Une candidate ayant obtenu son permis avec 21 points en 2025 avait décroché seulement 2 sur 3 à ce critère tout en réussissant largement les autres.
Le freinage et l'arrêt d'urgence (3 points) évalue votre maîtrise des distances et la qualité de votre freinage lors d'une simulation d'arrêt d'urgence que l'inspecteur peut déclencher à tout moment en disant "stop". Pied droit sur la pédale de frein, main gauche tenant fermement le volant, sans bloquer les roues si votre voiture n'est pas équipée d'ABS.
Ce troisième bloc vaut également 9 points et concerne votre interaction avec les autres usagers de la route. C'est souvent ici que se joue la différence entre admis et ajourné.
La communication avec les autres usagers (3 points) couvre l'usage approprié des clignotants avant chaque changement de direction, la signalisation des freinages importants avec les feux de détresse, et la communication non verbale (regard, geste de la main) dans certaines situations. L'inspecteur veut voir que vous anticipez et informez les autres de vos intentions avant d'agir.
Le positionnement sur la chaussée (3 points) évalue votre capacité à tenir votre voie, à vous placer correctement avant un carrefour, à partager l'espace avec les cyclistes et piétons. Un mauvais positionnement dans un giratoire, une trajectoire instable ou un écart vers le trottoir font partie des erreurs qui coûtent cher sur ce critère.
Le respect des espaces de sécurité (3 points) concerne les distances de sécurité longitudinales (avec le véhicule qui vous précède) et latérales (lors des dépassements, notamment des cyclistes). La règle des 2 secondes de distance est un minimum, pas un objectif.
Ce dernier bloc vaut 3 points répartis en trois sous-critères d'un point chacun : l'analyse des situations, l'adaptation à ces situations, et la conduite autonome lors du parcours libre.
La conduite autonome mérite une attention particulière. Pendant une phase de l'examen, l'inspecteur vous donne un itinéraire et vous laisse conduire sans instruction. C'est le moment où il évalue si vous prenez des initiatives appropriées : allumer vos feux lorsque la luminosité baisse, vous insérer dans la circulation avec fluidité, choisir la bonne voie sans qu'on vous le rappelle. Certains candidats se crispent pendant cette phase par peur de se tromper. Restez naturel, conduisez comme lors de vos meilleures leçons.
Ces deux points supplémentaires sont souvent sous-estimés alors qu'ils peuvent faire la différence entre un score de 20 et 22 sur 31.
Le point de courtoisie s'obtient en montrant une attention particulière aux usagers vulnérables : s'arrêter pour laisser passer un piéton sur un passage alors que vous n'y étiez pas obligé, ralentir pour laisser de l'espace à un cycliste, laisser passer un autre conducteur dans une situation de priorité ambiguë. Un seul geste bien visible suffit souvent.
Le point de conduite économique récompense une conduite souple et anticipative : passages de rapports au bon régime moteur, absence d'à-coups, décélérations progressives avant les feux plutôt que freinages tardifs. Ce point bonus s'obtient naturellement si vous avez intégré une conduite fluide et anticipative tout au long de votre formation.
Une faute éliminatoire annule l'examen immédiatement, peu importe votre score à cet instant. L'inspecteur note un E sur la grille et l'épreuve s'arrête. Voici les situations qui déclenchent cette sanction sans appel.
Franchir un feu rouge ou ne pas marquer l'arrêt au stop constitue la faute éliminatoire la plus fréquente. Le stress de l'examen pousse certains candidats à vouloir anticiper ou à confondre un feu orange très tardif avec un passage encore possible. En cas de doute, freinez. L'inspecteur préfère vous voir hésiter plutôt que griller.
Ne pas céder la priorité dans les situations qui l'exigent représente l'autre grande cause d'élimination. Priorité à droite non respectée, insertion dans un giratoire sans vérification, dépassement d'un bus en train de s'arrêter, tous ces cas tombent dans cette catégorie.
Effectuer un dépassement dangereux sur une ligne continue, dans un virage, en haut d'une côte ou dans toute zone où le dépassement est interdit entraîne l'élimination immédiate.
Ne pas vérifier les angles morts lors d'un changement de direction ou de voie constitue également une faute éliminatoire lorsque cela crée un danger réel ou potentiel pour un autre usager.
Mettre en danger un autre usager ou provoquer une intervention du moniteur depuis le siège passager constitue la faute éliminatoire la plus grave. Si l'enseignant doit freiner, saisir le volant ou donner une instruction d'urgence, l'examen est terminé.
Connaître la grille ne suffit pas si vous n'adaptez pas votre préparation en conséquence. Quelques points méritent une attention particulière dans les dernières semaines avant l'examen.
Concentrez-vous sur les critères à fort coefficient. Les compétences notées sur 3 points représentent autant de points à aller chercher que plusieurs critères mineurs. Si vous maîtrisez les 10 critères notés sur 3, vous avez déjà 30 points potentiels disponibles. Cibler en priorité les critères de positionnement, d'allure et de distance est une stratégie efficace.
Soignez particulièrement l'installation au poste de conduite. Ces 2 points se récoltent sans conduire une seule mètre. Beaucoup de candidats les bâclent par nervosité. Prenez le temps, même si vous avez l'impression d'être lent. L'inspecteur préfère voir quelqu'un de méthodique que quelqu'un de précipité.
Préparez les questions techniques sur le véhicule. La banque officielle de 101 questions est disponible en ligne. Révisez-les sérieusement pendant les semaines précédant l'examen. Ces 3 points sont parmi les plus facilement prévisibles de la grille.
Simulez des examens blancs avec votre moniteur en lui demandant explicitement d'utiliser la grille CEPC. Connaître votre score habituel sur chaque critère vous permet d'identifier précisément vos points faibles avant le jour J. Vous pouvez ensuite travailler en priorité sur les critères où vous décrochez des 0 ou des 1.
Une fois votre permis en poche, sachez qu'en tant que jeune conducteur vous démarrez avec un capital de 6 points pendant la période probatoire, avant d'atteindre 12 points après 2 ans sans infraction. Si vous souhaitez aussi savoir combien de temps il faut pour recevoir son permis après l'examen, nous vous avons préparé un article dédié sur ce sujet.
Peut-on avoir le permis avec exactement 20 points ? Oui, 20 points suffisent pour obtenir le permis, c'est le seuil minimum officiel. Il n'y a pas de notion de mention ou de distinction selon le score obtenu : reçu ou ajourné, c'est la seule distinction qui compte.
Combien de points peut-on perdre sur une seule manœuvre ? Les manœuvres ne disposent pas de points distincts. Elles sont évaluées à travers les compétences de la grille classique : positionnement, maîtrise du déplacement, communication avec les autres usagers. Une mauvaise manœuvre peut donc impacter plusieurs critères à la fois.
Peut-on obtenir 0 sur un critère et quand même réussir ? Oui, un 0 sur un critère n'est pas une faute éliminatoire. Si vous obtenez 0 sur un critère noté 3, vous perdez 3 points sur votre total mais l'examen continue. C'est uniquement le score global sous 20 ou une faute E qui entraîne l'échec.
Le moniteur peut-il intervenir sans que ce soit éliminatoire ? Une intervention verbale du moniteur (rappel calme d'une instruction) n'est pas systématiquement éliminatoire. En revanche, toute intervention physique sur les commandes ou tout rappel d'urgence l'est immédiatement.
Combien de temps dure l'épreuve pratique ? L'épreuve pratique du permis B dure environ 35 minutes, dont une partie en conduite guidée par l'inspecteur et une partie en conduite autonome où vous suivez un itinéraire seul.
La grille est-elle la même en boîte automatique ? Les critères évalués restent identiques. En revanche, un permis obtenu en boîte automatique est limité à la conduite de véhicules à boîte automatique, sauf si vous effectuez une mise à jour de permis en boîte manuelle après coup.
Qu'est-ce qui se passe si on rate l'examen plusieurs fois ? Il n'existe pas de limite légale au nombre de passages à l'examen pratique. En revanche, un délai minimal de présentation peut s'appliquer selon les situations. Votre moniteur reste le meilleur juge pour décider du bon moment pour repasser.