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Moteur 1.6 THP 156 ch : fiabilité réelle et problèmes connus

le 03 septembre 2026

Le 1.6 THP 156 ch souffre d'une réputation fragile sur les modèles produits avant 2013, à cause d'un tendeur de chaîne de distribution sous-dimensionné, mais les versions postérieures ont corrigé l'essentiel de ces faiblesses et affichent une fiabilité nettement plus rassurante. Vous envisagez d'acheter une Peugeot 308, une 3008 ou une Citroën C4 équipée de ce bloc essence, et vous tombez sur des avis contradictoires : certains propriétaires roulent sans souci au-delà de 200 000 kilomètres, d'autres racontent une casse moteur dès 60 000 kilomètres.

Les deux témoignages sont vrais, et tout dépend de la génération du moteur que vous avez sous le capot.

Le 1.6 THP, co-développé par PSA et BMW dans le cadre d'un partenariat industriel de plusieurs années, équipe une très large gamme de véhicules produits entre 2006 et le début des années 2020.

Comprendre ses points faibles précis, et surtout savoir à quelle période ils ont été corrigés, change complètement la donne au moment d'un achat d'occasion.

 

Un moteur né d'une collaboration franco-allemande

Le 1.6 THP, appelé EP6 chez PSA et N14 puis N18 chez BMW, est né d'un partenariat entre les deux constructeurs, avec l'objectif commun de produire un petit moteur essence turbocompressé, capable de remplacer des blocs plus gros sans sacrifier les performances.

Ce quatre cylindres de 1598 cm³ à injection directe équipe aussi bien des Peugeot 308 et 3008 que des Citroën C4 et DS3, sans oublier certaines BMW Série 1 et Mini de la même période.

Selon les versions, la puissance varie de 120 à 270 chevaux. La déclinaison 156 ch développe un couple de 240 Nm, disponible dès 1400 tours par minute, ce qui lui donne une belle souplesse au quotidien malgré sa petite cylindrée.

Une fois cette base posée, entrons dans le vif du sujet : les pannes qui ont marqué la réputation de ce moteur.

 

Les problèmes qui ternissent sa réputation

La majorité des soucis rencontrés sur le 1.6 THP 156 ch se concentrent sur les premières générations, produites entre 2006 et 2011. Voici les défauts les plus fréquemment rapportés :

 

  • un tendeur de chaîne de distribution hydraulique sous-dimensionné, qui laisse la chaîne se détendre progressivement et provoque un décalage du calage moteur
  • une pompe à injection haute pression qui lâche fréquemment autour de 80 000 kilomètres, entraînant des pertes de puissance soudaines
  • un encrassement des soupapes d'admission dû à l'injection directe, qui ne bénéficie pas de l'effet nettoyant de l'essence sur les soupapes
  • une consommation d'huile excessive sur les modèles antérieurs à 2013, liée à l'usure prématurée des segments de piston
  • un boîtier de sortie d'eau en plastique fragile, susceptible de fissurer et de provoquer une fuite de liquide de refroidissement

Le défaut le plus redouté reste sans conteste le premier de cette liste : une chaîne qui se détend n'entraîne pas une casse franche comme une courroie qui rompt, mais un décalage progressif des cycles d'ouverture des soupapes, avec un risque réel de casse moteur si le problème n'est pas traité à temps.

Avant de paniquer, encore faut-il savoir reconnaître les signes qui doivent alerter.

 

Comment reconnaître les signes avant-coureurs

Certains bruits ou comportements du moteur méritent une attention immédiate, surtout sur un véhicule dont vous ne connaissez pas l'historique complet. Un cliquetis métallique au démarrage à froid, qui disparaît généralement après quelques secondes, reste le signe le plus courant à surveiller.

Un bruit de crécelle persistant, même une fois le moteur chaud, doit également alerter, tout comme des à-coups à l'accélération accompagnés d'une perte de puissance brutale.

La fumée bleutée à l'échappement trahit une consommation d'huile anormale, tandis qu'un ralenti instable ou des démarrages difficiles orientent plutôt vers un encrassement des soupapes ou une pompe haute pression fatiguée.

Si vous entendez l'un de ces bruits sur un véhicule que vous envisagez d'acheter, mieux vaut passer par un mécanicien compétent pour un diagnostic complet avant de vous engager, plutôt que de vous fier uniquement à un essai routier de quelques minutes.

Ces symptômes concernent surtout les moteurs les plus anciens. Voyons maintenant comment PSA a progressivement corrigé le tir.

 

Les évolutions qui ont amélioré sa fiabilité

Le 1.6 THP n'est pas resté figé pendant quinze ans de production. Plusieurs phases d'évolution technique se sont succédé :

 

  1. 2006 à 2009 (EP6DT/EP6DTS) : la génération la plus fragile, concentrant l'essentiel des pannes de distribution et de consommation d'huile
  2. 2009 à 2011 : une première évolution du tendeur de chaîne, sans toutefois régler totalement le problème
  3. 2011 à 2013 (EP6CDT) : une seconde révision technique, avec des améliorations sur la gestion électronique du moteur
  4. à partir de 2013 (EP6FDTM) : une refonte plus profonde, avec de nouveaux segments de piston et une chaîne renforcée, qui préfigure la transition vers la famille PureTech

Concrètement, les problèmes liés à un kit de distribution défectueux deviennent nettement plus rares sur les blocs produits après 2013, à condition bien sûr que l'entretien ait suivi.

Les versions les plus abouties, comme le 270 ch développé pour la 308 GTi avec ses pistons forgés et son turbo renforcé, peuvent d'ailleurs dépasser les 200 000 kilomètres sans encombre.

Reste à savoir comment repérer, à l'achat, si vous tombez sur un bon ou un mauvais exemplaire.

 

Quelles précautions prendre à l'achat d'occasion

Avant de signer pour une Peugeot 3008 ou toute autre voiture équipée de ce moteur, quelques vérifications simples permettent d'écarter les mauvaises surprises. Commencez par vérifier l'année précise de production, pas seulement le modèle, car deux exemplaires de la même génération de voiture peuvent avoir un bloc moteur différent.

Demandez aussi si le tendeur de chaîne a été remplacé par la référence renforcée, reconnaissable à sa tête sans trou sur les versions corrigées. L'historique d'entretien complet mérite d'être exigé, en particulier les vidanges, car un moteur mal entretenu use sa chaîne bien plus vite.

Enfin, faites un essai routier avec un démarrage à froid : c'est le moment le plus révélateur pour détecter un cliquetis suspect.

Pour les modèles issus du même groupe, comme la Citroën DS5, les mêmes précautions s'appliquent, la mécanique étant partagée entre les marques du groupe PSA.

Une fois la voiture achetée, reste à savoir comment prendre soin de ce moteur pour éviter de reproduire les erreurs du passé.

 

Comment prolonger sa durée de vie

Le 1.6 THP n'est pas un moteur qui pardonne la négligence. Privilégiez une huile 100% synthèse de qualité : certains professionnels recommandent une 5W40 en été et une 0W40 en hiver plutôt que la préconisation constructeur.

Vérifiez aussi le niveau d'huile régulièrement, ce moteur pouvant en consommer davantage que la moyenne, surtout sur les blocs antérieurs à 2013. Respectez scrupuleusement la fréquence des vidanges recommandée, sans l'allonger pour économiser quelques euros.

Surveillez enfin l'état de la vanne EGR, dont les symptômes d'une défaillance peuvent parfois se confondre avec ceux d'un encrassement des soupapes.

Ces réflexes simples ne suffisent pas à garantir zéro panne, mais ils réduisent nettement le risque de tomber sur les pannes les plus coûteuses.

Critère À retenir
🔧 Motorisation Bloc essence 1.6 turbo à injection directe, co-développé par PSA et BMW
⛓️ Point faible n°1 Tendeur de chaîne de distribution sous-dimensionné sur les modèles avant 2013
📅 Générations à surveiller EP6DT/EP6DTS (2006-2009), soucis persistants jusqu'en 2011
✅ Générations rassurantes EP6FDTM à partir de 2013, chaîne renforcée et segments revus
💶 Coût de réparation Entre 1500 et 2500 euros en cas de défaillance de la distribution

Notre verdict

Le 1.6 THP 156 ch ne mérite ni excès d'optimisme ni méfiance systématique. Sa fiabilité dépend presque entièrement de l'année de production et de l'entretien reçu : un exemplaire d'avant 2011 mal entretenu peut casser avant 100 000 kilomètres, tandis qu'un bloc produit après 2013 et suivi rigoureusement peut dépasser les 200 000 kilomètres sans gros pépin.

Avant tout achat, privilégiez la vérification de l'historique et un essai à froid plutôt que de vous fier uniquement à la réputation générale du moteur.

 

Questions fréquentes

Le 1.6 THP 156 ch consomme-t-il beaucoup de carburant ?
Non, malgré son tempérament dynamique, ce moteur affiche une consommation mixte raisonnable pour sa puissance, généralement autour de 6,5 à 7,5 litres aux 100 kilomètres selon le véhicule et le style de conduite.

Peut-on rouler longtemps avec un léger bruit de chaîne sans intervenir ?
Non, mieux vaut ne pas repousser une intervention. Le bruit signale déjà un allongement de la chaîne, et plus l'attente se prolonge, plus le risque de décalage de distribution et de casse moteur augmente, avec une facture de réparation qui grimpe en conséquence.

Existe-t-il un risque particulier lié au turbo sur ce moteur ?
Le turbo lui-même est rarement la première cause de panne sur ce bloc, les défaillances les plus fréquentes viennent plutôt de la distribution ou de la pompe haute pression. Un turbo qui siffle anormalement ou qui fume mérite toutefois un contrôle rapide, car il peut aussi trahir un manque de pression d'huile lié à une consommation excessive non surveillée.

Combien de temps dure généralement un 1.6 THP bien entretenu ?
Sur les générations les plus récentes, à partir de 2013, un entretien rigoureux permet régulièrement de dépasser les 200 000 kilomètres. Les exemplaires plus anciens, eux, franchissent rarement ce cap sans une intervention majeure sur la distribution.

Faut-il éviter systématiquement une voiture équipée de ce moteur en occasion ?
Non, il ne faut pas l'écarter automatiquement, mais concentrer votre vigilance sur l'année de production et l'historique d'entretien. Un modèle post-2013 bien suivi reste un choix tout à fait raisonnable, alors qu'un exemplaire antérieur à 2011 sans historique clair mérite plus de prudence.

 

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